Démarche

Depuis plusieurs années, je me concentre à développer une pratique sculpturale et installative. Bien souvent, mes œuvres suggèrent des récits, mais demeurent ambiguës, offrant au spectateur une ouverture pour l’établissement de leur sens. En effet, le regardeur peut y percevoir des référents à des sujets historiques ou actuels, mais grâce à l’association de divers symboles et leur organisation singulière, les oeuvres s’ouvrent à diverses interprétations. Ce caractère touchant à la notion d’indécidabilité dirige la réception de l’oeuvre sur des questions et l’ancre ainsi dans un rapport à la multiplicité des points de vue.

Néanmoins, mes oeuvres opèrent toujours en fonction du contexte social, économique et politique. De plus, ma pratique concerne des intérêts qui sont extra-artistiques ; mes motifs de création étant connectés à mon intérêt marqué pour l’éthique. À ce sujet, les notions de trace et de mémoire agissent aussi dans leur réception, en ce sens où le discours qui s’y révèle questionne la connaissance et la compréhension du monde de celui qui regarde. En conséquence, je considère qu’il y a un certain noyau relationnel dans mes œuvres. 

Bien que mon travail confronte le spectateur dans son propre rapport au monde et peut soulever des questionnements sérieux sur notre époque, mes créations sont souvent chargées d’un certain humour. Cela se produit grâce à des jeux conceptuels ou parfois par de l’étrangeté causée par des associations d’images inusitées. Bien que je travaille avec la représentation et utilise les techniques de moulage qui permettent de produire un certain effet de réalisme, j’aime m’éloigner de la transcription formelle juste, du corps notamment. Ainsi, par l’assemblage, le rassemblement et la réorganisation des formes, j’expose un discours qui serait resté muet sans ces interventions. Je crois que ce caractère ludique participe à une hospitalité de ces questions de sociétés transcrites dans mon travail.

Je suis persuadée que l’art a le pouvoir de changer les perceptions et ainsi agir sur la réalité. Dans ma pratique, je prend ce rôle d’engagement à cœur. Relativement à cette idée de transformation sociale, j’aime utiliser la référence au monument. En effet, je m’amuse à réactiver le socle, à utiliser l’idée du pouvoir hiérarchique qu’il a représenté dans l’histoire, mais en l’exploitant plutôt comme symbole de l’affirmation publique de ce qui est valorisé dans une époque. J’aime l’idée que dans mes œuvres, ce n’est plus cet humain représenté par des figures de pouvoir religieux, militaire, politique, etc., qui est mis sur un piédestal, mais plutôt un être en transformation qui se questionne.

À travers mon art j’affirme donc mes préoccupations qui touchent au champ social dans des assemblages symboliques qui dévoilent, dans un univers qui m’est singulier, la complexité du sujet humain et de sa relation avec ses pairs et l’environnement. 

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